Vois tu ce que je suis devenue?
Le spéctateur de ma propre vie.
Et je te regarde me regarder,
sans que cela me fasse d'effet.
Le souffle du temps a brûlé mon enfance,
et mes souvenirs encore incondescents troublent mes sentiments.
J'ai laissé mes illusions tomber dans le puit de mon inconscient.
Et je regarde à présent ma vie à travers le miroir d'autrui.
Je ne suis pas l'écrivain de mon destin,
non je ne le suis pas,
et mes lendemains me paraissent si lointain
qu'il m'est difficile de composer certains projets.
Sais tu ce que ça fait de sentir la terre tourner sous tes pieds,
de voir les jours et les années défiler sans pouvoir tout arrêter?
Sais tu ce que ça coûte de désirer des personnes,
qui, ne te regarderons jamais comme tu l'as fais?
Je connais le parfum de l'attente, l'amertume du rejet,
je connaissais la saveur de l'amour, et pourtant je me suis encore brûlée la langue.
Sur ces aiguilles qu'on a planté dans mon coeur, sur ce mur que j'ai encore frappé.
La naiveté m'a envouté, mon coeur t'a fait entrer et tes caresses m'ont désarmées.
Ne vois tu pas que je tourne en rond tel un poisson fuyant le temps?
Mes larmes ont remplie mon bocal d'illusions perdues.
Et j'attends sagement que le temps fasse ce qu'il a à faire
ou me donne enfin mon rôle sur terre.
A trop vouloir, à trop chercher, on efface tous nos espoirs.
Et toi seul sais à quel point je t'ai désiré, vénéré.
une partie de toi m'a tendu les bras, une autre va m'éloigner de toi.
et je reste là, tel le spéctateur du bonheur des autres.
J'ai connu mon premier abandon alors que j'étais embryon,
j'ai eu le droit qu'à 16 hiver avec mon père,
j'ai connu, j'ai vécu, j'ai perdu, je suis devenue ce que je suis à présent.
un assemblage d'anions tentant de rester en équilibre tel un funambule sur son fil.
J'ai appris seule à aimer, à présent où peut-on m'apprendre à désaimer?
Est il de nos jours possible de créer une pommade cicatrisante d'âme?
Je cherche une issue de secours, pour une vie sans amour.
Un jour viendra mon jour...
CM